On résume trop souvent le cocker à sa bouille attendrissante. C'est oublier l'essentiel : sous les franges bat le cœur d'un chien de chasse, vif, gourmand et intensément lié à sa famille. Le connaître vraiment, c'est comprendre ce mélange d'exubérance et de sensibilité qui fait tout son charme, et toute son exigence.
Le merry cocker
Les Anglais l'ont surnommé le merry cocker, le cocker joyeux, et rien ne le décrit mieux. C'est un chien d'un naturel gai, optimiste, qui aborde la vie la queue frétillante. Affectueux jusqu'à la tendresse, il aime être partout où vous êtes, participe à tout, se réjouit de tout. Cette gaieté n'est pas un cliché : elle est inscrite jusque dans son standard, qui exige un chien plein d'entrain.
Un cœur qui réclame de la présence
Le revers de cet attachement, c'est un besoin réel de compagnie. Le cocker n'est pas un chien de chenil : il vit tourné vers l'humain, le suit de pièce en pièce, et supporte mal les longues solitudes. Mal préparé à rester seul, il peut développer une véritable anxiété de séparation, qui s'exprime par des aboiements, des destructions ou de la malpropreté.
Ce n'est pas une fatalité : un chiot habitué progressivement à la solitude, dépensé et rassuré, apprend à patienter. Mais un foyer absent toute la journée, chaque jour, n'est pas le bon foyer pour un cocker.
Le cocker ne demande pas un grand jardin. Il demande une famille, et du temps passé ensemble.
De l'énergie à revendre
C'est un sportif. Derrière ses airs de peluche, le cocker a le moteur d'un chien de travail capable de quêter une journée entière. Il lui faut au minimum une à deux heures d'activité quotidienne, et surtout de la stimulation : promenades variées, jeux de rapport, recherche au flair. Un cocker qui s'ennuie devient bruyant, pot de colle ou pilleur de poubelles. Bien dépensé, il est en revanche parfaitement calme à la maison.
Attention aussi à sa gourmandise, légendaire. Le cocker mangerait sans fin, ce qui le prédispose au surpoids : une donnée à ne jamais négliger, car l'embonpoint pèse lourd sur sa santé et son budget.
Avec les enfants et les autres animaux
C'est l'un de ses plus beaux atouts. Sociable, patient et joueur, le cocker s'entend en général très bien avec les enfants, dont il partage volontiers l'énergie. Il cohabite aussi facilement avec d'autres chiens et, s'il y est habitué jeune, avec les chats, même si son instinct de chasseur peut se réveiller face aux petits animaux.
Aussi doux soit-il, un chien reste un chien. Les interactions entre un cocker et de jeunes enfants doivent être supervisées, et le chien doit toujours disposer d'un coin de repos où on ne le dérange pas.
L'éducation d'un sensible
Le cocker est intelligent et cherche sincèrement à faire plaisir : sur le papier, un élève facile. Deux nuances toutefois. D'abord, sa grande sensibilité : la voix dure, la brusquerie et la punition le braquent au lieu de l'éduquer. Il donne le meilleur avec des méthodes douces, positives, faites de récompenses et de constance. Ensuite, son nez : dès qu'une piste l'appelle, le rappel peut passer au second plan. Un travail patient du rappel, dès le plus jeune âge, est indispensable.
On évoque parfois un « syndrome de rage » du cocker : de brusques et brefs accès d'agressivité, sans provocation apparente. Le phénomène, réel mais rare, a surtout touché certaines lignées unicolores mal sélectionnées à l'époque de la surproduction. Une sélection sérieuse l'a rendu très marginal. Il ne caractérise en rien le cocker moyen, mais rappelle pourquoi le choix d'un élevage rigoureux prime sur tout le reste.
Appartement ou maison ?
Le cocker s'adapte très bien à la vie en appartement, à une condition : qu'il soit sorti et stimulé à hauteur de son énergie. Un jardin est un confort, jamais un substitut aux promenades. Ce qui compte pour lui n'est pas la surface au sol, mais le temps que vous lui consacrez. À ce prix, il fait un compagnon de vie remarquable, en ville comme à la campagne.
Questions fréquentes
Le cocker anglais peut-il rester seul la journée ?
C'est un chien très attaché, qui supporte mal la solitude prolongée. Des absences de plusieurs heures sont possibles si elles sont préparées et compensées par de l'exercice et de la présence le reste du temps ; une solitude quotidienne de huit heures ne lui convient pas et favorise l'anxiété de séparation.
Le cocker anglais est-il bon avec les enfants ?
Oui, c'est l'un de ses grands atouts : joueur, patient et sociable, il fait un excellent compagnon de famille. Comme avec tout chien, les interactions avec de très jeunes enfants doivent rester supervisées et respecter le repos de l'animal.
Est-il facile à éduquer ?
Intelligent et désireux de plaire, il apprend vite avec des méthodes douces et positives. Deux écueils : sa sensibilité, qui rend la brusquerie contre-productive, et son nez, qui peut lui faire oublier le rappel dès qu'une piste l'appelle.
Qu'est-ce que le « coup de folie » du cocker ?
Il s'agit d'un syndrome rare de brusques épisodes d'agressivité, historiquement associé à certaines lignées unicolores mal sélectionnées. Devenu très rare grâce à une sélection sérieuse, il ne doit pas être confondu avec le comportement normal de la race. C'est une raison de plus de choisir un élevage rigoureux.
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